mercredi 13 avril 2016

L’ECONOMIE RELATIONNELLE CHEZ LES MOURIDES [Par Felwine Sarr]

Extraits du nouveau et excellent livre AFROTOPIA (Editions Philippe Rey, 2016, pp. 83-87) de Felwine Sarr, écrivain, universitaire et agrégé d’économie enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Une analyse puissante qui remet en cause près d’un siècle de postulats matérialistes de la recherche officielle sur la doctrine du travail des mourides dont les motivations furent très souvent assimilées et abusivement réduites, par les chercheurs en sciences sociales, « à la soumission féodale du serf à son seigneur au cours du Moyen-Âge européen » ou au fameux paradigme de « l’exploitation de l’homme par l’homme ». S’inscrivant en faux contre ces préjugés unilatéraux tenaces, Felwine semble nous offrir ici d’autres grilles de lecture du sens du « travail » chez les mourides ; signification ancrée dans une profonde spiritualité qui transcende, sans la nier, les autres dimensions matérielles de la « Khidma ». Un livre à lire absolument.
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Dans le but de décrypter les ressorts profonds de l'agir économique, anthropologues, sociologues et chercheurs en sciences sociales et humaines [1] s'intéressant au continent africain ont souligné que dans cette aire géographique, les objets, biens et services, circulent dans une économie relationnelle qui accorde le primat aux relations interpersonnelles et intercommunautaires [2]. Cette économie qualifiée par Maurice Obadia [3] d'économie relationnelle semble être le déterminant le plus puissant des échanges et la charpente de l'économie matérielle. Ce schéma explicatif, bien que devant être mieux étayé empiriquement, mérite que l’on s'y arrête.
Maurice Obadia définit l'économie relationnelle comme se fondant sur la production et l’échange de relations authentiques. Cette économie est première et précède l'économie matérielle. La relation est un lien qu'établissent volontairement des individus entre eux, soit avec des structures matérielles particulières, indépendamment de la valeur marchande de ces dernières (par exemple, l'attachement ou l’aversion qu'un individu peut porter à un objet, un être, un lieu). Toutes les gammes de relations positives ou négatives que les individus peuvent construire entre eux, produire, échanger, pérenniser au fil du temps en dehors de toute considération et intérêt matériel véritable constituent le substrat de l'économie relationnelle. Le tissu relationnel interne et externe ainsi constitué acquiert une qualité et une force telles qu'il constitue une valeur en lui-même, ne nécessitant pas la présence impérative du matériel pour exister et capable de fonctionner en dehors des déterminants de l'économie classique. L'argent peut en être une conséquence, il n'en est pas l'objectif. Cette économie relationnelle peut être à la base d'une intelligence collective au sein d'une communauté (groupe, entreprise, coopérative de paysans) et être créatrice de plus-value. Aussi, toute création de richesse suppose une interaction avec cette économie. L'économie matérielle et relationnelle peuvent se nourrir mutuellement à condition qu'elles aient conscience qu'aucune des deux n'est l'objectif de l'autre et qu'elles reconnaissent leurs territoires respectifs, ainsi que les règles de fonctionnement de l'une et de l'autre. Aussi l'objectif de l'économie relationnelle est de produire des relations de qualité entre les individus [4], relations qui constituent en elles-mêmes des valeurs.
L'exemple des mourides au Sénégal peut illustrer les liens entre économie relationnelle et économie matérielle. La première apparaissant comme la charpente de la seconde. Les mourides sont une confrérie soufie du Sénégal dont le fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), mena une résistance culturelle pacifique à la colonisation, s'appuyant sur des valeurs de l'islam réinterprétées par les cultures négro-africaines. Dans cette communauté, il existe une culture du travail, que certains ont pu comparer à celle provenant de l'éthique protestante analysée par Max Weber [5]. Celle-ci se fonde sur un hadith (dit) du prophète Mohamed repris par le guide spirituel de la confrérie qui s'énonce comme suit : «travaille pour cette vie comme si tu devais être éternel et pour l’au-delà comme si tu devais mourir demain», et sur diverses recommandations du fondateur de la confrérie que l’on retrouve dans ses sermons/poèmes : «Je vous recommande deux choses et ne leur associez pas une troisième : c’est le travail et l’adoration de Dieu. Ainsi obtiendrez-vous la quiétude... » Il existe, dans cette communauté, une culture du travail et de l’effort, certes, mais également de l'engagement, du don de soi, et de l’obéissance aux ndigëls, qui sont les prescriptions du guide spirituel de la communauté. Ce dernier est capable de mobiliser une importante force de travail gratuite pour différents travaux d'intérêt communautaire, par exemple aménager une forêt de 45 000 hectares à des fins de production agricole. Aussi, l'essentiel des interactions économiques se fonde sur les liens qui unissent les membres de cette confraternité. Nous avons, ici, l'exemple d'une économie matérielle florissante, dont le principal déterminant est l'économie relationnelle. Celle-ci se caractérise par l’existence d'une solidarité intra-confrérique qui permet de réaliser les opérations économiques de base en minimisant les coûts de transaction, les relations étant fondées sur la confiance et le respect de la parole donnée. Ainsi il existe, entre les membres de cette communauté, un système de transferts de fonds par compensation, lorsque ces derniers sont en voyage d'affaires, évitant ainsi les coûts du système bancaire classique, l'établissement de réseaux économiques et de solidarités, une tradition de mise à disposition d'un capital sans coût lors du démarrage d'une activité économique ainsi que des facilités de remboursement. Les commerçants mourides occupent l'essentiel du secteur de l'économie informelle du Sénégal, notamment dans le commerce, le bâtiment, le transport, le textile, la transformation, etc. Leur réussite sociale et économique s'explique par une très grande solidarité caractérisée par un idéal commun et une conviction d’appartenance à une communauté. Cette économie populaire fondée sur des valeurs socioculturelles et religieuses que partage un groupe est dynamique et permet à cette communauté de contrôler des pans entiers de l’économie dite informelle au Sénégal [6] qui emploie 60 % de la population active et représente 54,2 % du PIB. La ville de Touba, siège de la confrérie, est la deuxième ville du Sénégal de par son poids démographique et économique.
Dans l'exemple qui précède, il s'agit de préserver les fondements de cette économie relationnelle, en évitant d'y transposer les mécanismes de l'économie classique. Selon Obadia, la culture de l'économie classique peut influencer négativement l'économie relationnelle et aboutir, chez ceux qui calculent leur production relationnelle au coût minimum à la construction d'une économie de la relation négative [7]. Une articulation féconde entre économie et culture passerait par un meilleur ancrage des économies africaines dans les valeurs dynamiques de leurs sociocultures. Celui-ci ne pourrait se faire qu'en limitant la toute-puissance de l'économie; en lui assignant un respect strict de ses fonctions et de son rôle d'ordre technique explorant les savoirs et savoir-faire liés à l'allocation des ressources et à la production de biens économiques. Ainsi, en confiant la production de valeurs de significations à la culture, celle-ci devient productrice des mythes régulateurs et ordonnateurs de l'aventure sociale. La capacité à se réapproprier son futur et à inventer ses propres téléologies, à ordonner ses valeurs, à trouver un équilibre harmonieux entre les différentes dimensions de l'existence, dépendra de la capacité des cultures africaines à se concevoir comme des projets assumant le présent et l'avenir et ayant pour but de promouvoir la liberté dans toutes ses expressions [8]. Dans cette perspective, une articulation féconde entre économie et culture passerait par l'assignation de chaque ordre à la finalité pour laquelle il est le plus efficient.
__________NOTES
[1] Melville Herskovits, Economic Anthropology, Alfred A. Knopf, 1952.
[2] Les pratiques répandues des tontines, des dons et des contre-dons semblent attester ce fait.
[3] Maurice Obadia, « Economie relationnelle et économie matérielle », Les Cahiers du Sol n°9, L’Intelligence collective, 2012.
[4] Pour produire une relation digne de ce nom, des facteurs rares, limités et épuisables sont mis à contribution : énergie et information sur une période de temps définie. Ce sont les mêmes facteurs qui interviennent dans la production de choses matérielles, pour lesquelles il est nécessaire d'ajouter des matières premières et du capital. Il est cependant plus coûteux de produire une relation de bonne qualité, car elle nécessite de l’énergie, du temps et de l’information diversifiée sur une durée significative.
[5] Max Weber, L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, Plon, 1964.
[6] Thiam El hadj Ibrahinla Sakho note que, jusque dans les années 1970, la confrérie mouride était assimilée à un mouvement théocratique agrarien du fait de sa production importante en arachide. Au début des années 1980, les mourides investissent le petit commerce, ils ont aujourd'hui dépassé le stade de la distribution du demi-gros et du gros pour atteindre un niveau industriel et entrepreneurial. Thiam El hadj lbrahima Sakho, Les Aspects du mouridisme au Sénégal, thèse de doctorat du troisième cycle en sciences politiques, université de Siegen, 2010.
[7] Une économie de la relation positive nécessite de l'énergie en quantité et en qualité, ainsi qu'une information diversifiée.
[8] Valentin Yves Mudimbé, L'Odeur du Père, Présence africaine 192
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Livre également disponible au Sénégal, à la Librairie Athéna, sise Place du souvenir Africain, Corniche ouest (Dakar) - Téléphone 33 824 48 67 (Prix 6500 FCFA).
SYNOPSIS DU LIVRE :
L’Afrique n’a personne à rattraper. Elle ne doit plus courir sur les sentiers qu’on lui indique, mais marcher prestement sur le chemin qu’elle se sera choisi. Son statut de fille aînée de l’humanité requiert d’elle de s’extraire de la compétition, de cet âge infantile où les nations se toisent pour savoir qui a accumulé le plus de richesses, de cette course effrénée et irresponsable qui met en danger les conditions sociales et naturelles de la vie.
Sa seule urgence est d’être à la hauteur de ses potentialités. Il lui faut achever sa décolonisation par une rencontre féconde avec elle-même. Dans trente-cinq ans, sa population représentera le quart de celle du globe. Elle en constituera la force vive. Un poids démographique et une vitalité qui feront pencher les équilibres sociaux, politiques, économiques et culturels de la planète. Et pour être cette force motrice, positive, il lui faut accomplir une profonde révolution culturelle avant d’accoucher de l’inédit dont elle est porteuse. Elle doit participer à bâtir une civilisation plus consciente, plus soucieuse de l’équilibre entre les différents ordres, du bien commun, de la dignité. Ce livre est un acte de foi en cette utopie active : une Afrique qui contribue à porter l’humanité à un autre palier.

mercredi 6 avril 2016

Traduction Khassida Huqal BukkaU en wolof par S. Cheikhouna Lo Ngabou


Huqal bukaa
Ci turu Yàlla jiy yëramaakoon bi di jaglewqqkoon laay tàmblee, di julli (ñaan xéwël ak mucc) ci Yonnent bi aki waa këram aki àndandowam.

Jëf ju nekk yééné ja lay jëmmal.
Sama yééné nak moo di barkeel ca sang sa ( gaayu baax ya)

1- Jooy sang si fi jògé (faatu) lu jaadu la
Ngir suuf yeek asamaan yaa ngi léén di jooy

2- Dama léén diin jooy di yaakar ci jooy yi bu ëlagéé( yawmal qiyaam) ngëramul Yàlla. Ñoom dañoo làqu dem ca neex-neex ya.

3- Ngalla man fuma jëm ñàkk naa gaayu mage doonoon ay ponkal yu xëy-xëy ne mes séén boroom woo léén yòbbu léén fu kowe.

4- Guddi yaa ngi léén di jooy( jooyi xol) weer yaa ngi léén di jooy, àndak marax ( ngoon) yeek suba yi.

5- Ay jaam la ñu woon yu daan topp Yàlla séén boroom moom it (Yàlla) mu nangul léén doon séén boroom bu léén di xëpp ay xééwël.

6- Ñoom dañoo jàppoon ne ab reggaay ci alal wala ñam wu lew buy tax ñu bàyyi séén wird ( lu baax luñu saxaloon) bokk na ci liy sabab musiba.

7- Ñoom daal bu guddi gi masaana muur ay mbalaanam (couverture) bay lëndëm këruus, ñu ne fojjet (jòg) bu gaaw ngir dundal guddi ya. (bàyyi nelaw aki caaxaan.

8- Ñoom dañoo jaayoon ay caaxaan jëndé (weccee) ko tudd Yàlla ji léén sàkk ak di ko fàttaliku, jayoon it ay nelaw jëndé ko dééyaaleek séén boroom.

9- Séén yaram ya dañu ko daan gàddaayloo tëddukaay ya, dañu daan fàtte (banneexu ci aw jigéén ñuy ) bégalé niki Laylaa aki Salmaa (turi jigééni naar).

10- Bu laylaa nee tëll (ñëw) ak taaram ba, ñoom ñu ne wërëñ (wan ko ginaaw dem) toppi séén boroom.

11- Bu ñu taxawee bay dééyaalek séén boroom, dañuy fàtte ( jigéén ña) Laylaa ak Suhdaa, te ay zikr ak ay laaya doŋŋ la ñuy wéttalikoo.

12- (Fuñu tollu ) dañuy waxtaane Yàlla ji manal boppam lépp di jariñ ñépp di kilifag ñépp (waaye) duñuy waxtaane mukk aw jigéén niki Hind ak Lubnaa.

13- Aw nit lañu woon ñu jël sééni ngànaay fexe ba not ca sééni noon, bañu ko defee dañoo mujj kawe lool bari ay teranaga.

14- Gaayooyu am na ñu ñenenti kenu yu ñu daan taxawale néégub wilaaya.

15- - Noppi (nééw ay wax) – Xiif bu yàgg (nééw ag lekk- fog (nééw ay nelaw)- beru (ñeme wéétaay) ñu daan ko teg ci (ndigal ak tàggat) di ay junj yu jògé ci ay Sëriñ.

16- Nit ñooñu séén yoon wi Murid (ku namm ci yàlla) bu ci jaare jaaree dina ko fegal lor juy jogé ca ku féttéérlu ka (Saytaane) ak gép xeetu woru.

17- Séén yoon wa moo di jublu Yàlla (ne ko dann) baña topp bànneex, àndak sësuwaay (Usul) yay dàq tiitaange.

18- Ginaaw buñu jiitalee tuub teg ko ci ragal ak yaakar, baril lool njàqare ak di di ko saxoo boole ca doyloo gu mat sëkk.

19- Dëddu lépp luy jeex (mu bañ lééna mana fàbbib, am ga du léén taxa faku, ñàkk ko du léén taxa ñanki) amug sàmmu (ragal Yàlla) saxoo wééru ci séén boroom) ak di muñ saasu nekk.

20- Di xeex ak sééni bakan, di sant ( dello yàlla njukal) di gëram Yàlla ci lépp lu mu dogal, bàyyi di geestu mbiri nit ñi;

21- Séén yoon wa amna fukki mbir yoo xam ne képp ku ca bëgga sòòbu ci pastééf warut koo ñàkk.

22- - 1-Ab jëmuwaay te mooy taxa tuki –2 ab tegtalkat ku mel ni ab sëriñ bu Yàlla ubbi.

23- -3 Ab yòbbal te mooy ragal Yàlla, - 4 ngànnaay te mooy njàpp luy dàq sobe.

24- -5 ab niitukaay(làmp) te mooy tudd Yàlla ak di ko fàttaliku, -6 waruwaay te mooy itté ju kawe.

25- -7 Aw jàkk (yat) te mooy lott (xamne kàttan sunu boroom rekka ko ame) – 8 ag laxasaay te mooy laxasaayoo Haqiqa ( mbir ma dëggantaan).

26- Bokk na ci yi waruta ñàkk -9 am ngér (fumuy jaar) te mooy Sharia na ca jaar ci buy tàmbali ba baa muy jeexal (Sax ca fawu rek).

27- -aki àndandoo te mooy ay bokk yu am itté am kollëré dëggu ci mbokkoo googu.

28- Ñoom sang yooyu dañoo tppante ci ay martaba, ku nekk ci ñoom danay fegal Murid bi lépp luy mariid ak lu koy taxa woru.

29- Ku nekk ci ñoom ab sëriñ la bu am xam-xam, sàmmu, ñenn ci ñoom dañuy yar nit di ko tàggat ci ay zikr ak ay Haal tolluwaay.

30- Am na ci ñoom ñuy yéégé nit ci ab haal, am na ci ñoom ñuy yéégé nit ci ay junj (Demostration).

31- Ku nekk ci ñoom dafay deñ-kumpa (expert) xam jàngoroy (feebabari) xol yépp, di mana fegal Murid bi lépp lu koy taxa texeedi.

32- Ku nekk ci ñoom dafay yéwén tedd ragal Yàlla tabe ( genereux) di laabiire bindééf yépp.

33- Ci ragal yàlla lay dindéé bon-boni bakan yépp, dafay làq (ame) ay xam-xam yu kawe yu bawoo fa boroomam.

34- Dafay feeñal yoonu gòòr Yàlla ya mu leer nàññ, ci boppi ñiy sàkku njub mu di léén ko sotti ba muy walangaan (Fayd) inondation- abondance .

35- Ku nekk ci ñoom dafay ame itté ju muy yéégé fawu di jëm ca Yàlla ju tedd jiy terle ci di ubbéé.

36- Dafay gis yu nëbbu ya ak bëtu xolam kem ni muy jàkkaarlook ya nekk ca ginaaw ay kiraay.

37- Bu nee tëll ak fumu man di nekk dafay ame leer gu mel ni leerug jant bi di gand (jariñ) képp kuy sàkku ag leer.

38- Dafay fàddu (réér) képp kuy mbindééf dem ca Yàlla jiy bind lépp di boroomug leer aki mbòòt yu fàddu (ruqe).

39- Dafay far xumaag ju nekk ci xol di ko gàkkal, ni ab fòòtkat di def mbub mu tilim.

40- Ñoom gaayooyu képp kuy toog ci séén wet du texeedi toskare mukk, ngir ñoom ak texe rekk la ñuy fàggul Murid yi.

41- Bépp jaamub Yàlla bu namm yàlla Murid bu dëggal ci ñoom di léén ligééyal, di léén sopp, di léén jox hadiya di na kiilu texe.

42- Xeñtu mboorum yonnet bi (topp ak di jaar fa yonnent bi tegoon ay tànkam) tax na ñu am martaba yu kawe, Yàlla na Yàlla miy joxe may yi julli ci moom.

43- Xeñtu gu ñu doon xeñtu la ku wòòr ka Yonnent bi indi, maa ngi julli ci moom saasu nekk.

44- (Xeñtu googu) tax na ñu am ci ay baax-baax loo xam ne xalima manu koo bind, aw làmmiñ itam manu koo nettali.

45- Bokk na ci baax-baax yooyu : dañuy gééju ci xam-xamu shariya ak xam-xamu haqiqa ba laa ñuy dem sax di tàggatuji.

46- Ngir képp ku jòg di tàggat wala muy jubanti te jiitalul ñaari xam-xam yooyu Shariya ak Haqiqa la muy bijj (ñoddi- xëcc) jur moo di woru ak texeedi.

47- Bokk na ci baax-baax yooyu: dañuy taxaw duñu jëf duñu wax ludul ginaaw buñu gisee lu wér lu àndak ay seede.

48- Bokk na ci baax-baax yooyu: dañuy taqoo ragal Yàlla ci waxtu wa ñuy tàmbali ak buñuy jeexal.

49- Buñuy sooga tàmbali ragal bàkkaar moo léén di jàjj (soññ) motiver, bu ñuy jeexal nak màggal màggug Yàlla gi moo léén di jàjj.

50- Bokk na ci baax-baax yooyu: dañuy not séén bakan ci àndul ak ngistal (Riyaa) ngir li bakan bari lool ay pexe te bari ay wor.

51- Dañuy jàpp ne ñoom ñoo yéés bindééf yépp, te yit dañuy jàpp ne yayoo wu ñu benn karaama.

52- Dañuy jàpp ne ñoo gëna bon ñu bon ña génn topp faasiq ya, jàpp na ñu ne sax yayoo wu ñu di am ijaaba.

53- Bokk na ci baax-baax yooyu: dañuy saxoo muñ ay musiba ak jenguk moykat ya dañu koy muñ ngir Yàlla.

54- Bu ñu masaana gis ay lor jògé ca ñooña dal ci séén kaw dañuy dldi tuub ci séénug bari ay njuumte.

55- Bokk na ci sééni baax-baax : dañuy saxoo njàqare saasu nekk, aywaay Yàlla na léén Yàlla gëram waay.

56- Bokk na ci sééni jikko yu rafet : dañoo ragal naaféq, ragal gàcce, ragal tiis yay nekk bis pénc ba.

57- Bokk na ci baax-baax yooyu: dañu daan suufeel séén bopp di (toroxlu- modestie) ngir Yàlla miy notaakoon te di séén boroom, dañu daan dëggu, dëddu àddina, di laabal ay gàkk-gàkk.

58- Bokk na ci baax-baax yooyu: dañu daan wééru fawu ci séén boroom (Rahman) moo xam dañuy ñoddi wala ñuy jiñ taxoon na jàmbatu ñu dara.

59- Xam-xam la ñu daan làmboo (sol- màndarga- apparence) lewet dëxëñ ci séén biir, daawu ñu woote lu ñu doonul, daawu ñu bañal it keneen la mu am ci ay maqama.

60- Wòòy ! ñàkk na nu sang soo xam ne séén yoon wa moo di yoonu Yonnent ba Mustafaa may ngën-ji mbindééf.

61- Yàlla mi ko yabal yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal mooki ñoñam aki sahabam li féék ña ngay làq ay àjjana.

62- Yàlla mi ko yònni yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, na ko jox xééwal ya gëna sell te fegal nu ci ag woru.

63- Yàlla mi ko sàkk yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, mooki ñoñam aki sahabam ya làq ay may.

64- Yàlla mi ko moom yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, na ko jox xééwal ya gëna sell mu defal nu ci nun itam nu làq ay ubééku.

65- Yàlla mi ko wëragal yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal mooki ñoñm aki sahabam ña daan diinéwoo (saxoo) di ko topp.

66- Yàlla mi ko teral yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, na ko jox xééwal ya gëna sell, te may nu ci ay karaama.

67- Yàlla mi ko def ab sang yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, mooki ñoñam aki sahabam ña ñu sonnewoon (ña amoon ag defaru).

68- Yàlla mi ko def sheriif (ku tedd) yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, na ko jox xééwal ya gëna sell, te defal nu ci wuñug ay kiiraay (kashfu).

69- Yàlla mi ko jiital yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, mooki ñoñam xééwal gu tollook limub mbindééf yépp.

70- Yàlla mi ko yékati yàlla na ko musël te dooli ko ay xééwal, na ko jox xééwal ya gëna sell, te mu defalaale nu ci ag yékkatiku.

71- Wòòy ! nun nàkk nanu sang su dem yòbbalé ay sàq yu yéémé.

72- Yàlla ji léén woo ngir dajeek ñoom Yàlla na dolli ay xééwal yuy gëramloo Yonnentam ba mu jiital muy jawriñam ci ñaari kër yi (àddina ak àllaaxira).

73- Sunu sang ba soppe bay doomu Abdalla Yàlla jiy feg aw tiis (njaqare) yàlla na ko dolli ay xééwal.

74- Yàlla jiy saafar jépp jàngoro juy ruyaat, Yàlla na dolli xééwal Yonnent ba kañuy rammloo bu kerook bisub pang (rassemblement) ba.

75- Yàlla ji di ag njub gndikat te gindiwoon léén ba ñu tegu ca yoon wu jub xocc wa, Yàlla na dolli xééwal Yonnent bi nga xamne ngënéélam yi du jeex mukk.

76- Yàlla ji manal boppam lépp te daan fay gaaya ngënji pay, Yàlla na dolli xééwal Yonnent ba di ku ñu teral te moo di ngënji mbindééf yépp.

77- Xééwal yuy sax ba fawu Yàlla na nekk ci moom, mu àndkook i ñonam waa-këram ci saasu nekk te kenn baña des.

78- Yàlla jiy boroom asamaan yeek suuf si, Yàlla na gëram sahaba yeek sang su baax (si may jooy)

mardi 15 mars 2016

VOTER POUR SERIGNE TOUBA [Par A. Aziz Mbacké Majalis]

La meilleure manière, pour nous les mourides, d'exprimer notre refus de la manipulation de nos valeurs religieuses, pour de sombres intérêts personnels, politiques et financiers, n'ayant rien à voir avec le patrimoine et les enseignements de Serigne Touba, est très simple.
Il ne s'agira pas, comme beaucoup d'entre nous le font actuellement, de s'affliger outre mesure sur les tentatives de faux « Ndigël voilés », à travers des éléments proches du Khalife, insidieusement relayés par une presse aux ordres. L'on connaît, en effet, la chanson. Il ne s'agit encore moins de s'épancher paresseusement sur certaines accointances politico-religieuses douteuses bien connue. Ou sur la puissance de récupération du pouvoir actuel (n'ayant apparemment rien à envier sur ce plan, malgré sa réthorique sur la République, aux précédents) sur les « mare-à-boue » corruptibles. Ces brebis galeuses, évoluant au cœur du système mouride et à propos desquels nous avertissions déjà nos condisciples, il y a juste quelque jours, en pressentant le coup, qu'ils « seraient prêts à vendre la mosquée de Touba, Daaray Kaamil et Aynou Rahmati aux enchères pour leurs propres intérêts. » En aidant notamment le régime à noyauter et à délégitimer la récente et exceptionnelle dynamique de rejet de la nouvelle constitution exprimée par l'ensemble des « forces vives » du Mouridisme.
S'en affliger passivement, dans les commentaires Facebook, les discussions de salon et les dahiras, ne servirait pas à grand chose. Pour faire activement face à ces récurrentes opérations de dévoiement de nos symboles, il nous suffira simplement, dans le contexte actuel, d'exprimer notre cinglant désaveu dans les urnes dimanche prochain. En sanctionnant durement les manipulations politiciennes de nos symboles par un NON massif. Car, il faut le savoir, leurs auteurs ne reculeront devant rien, absolument rien, et ne peuvent comprendre que le langage des rapports de force politiques et les incidences électorales négatives de leurs actes dans l'exercice et la conservation de leur pouvoir. Rien d'autre.
Pour barrer la route à ce genre de manipulations, nous aurons également plus que jamais besoin, dans l'avenir, et nous le proclamons depuis des années, de mieux réorganiser certaines méthodes de fonctionnement de nos centres de décision confrériques. Pour mieux aider nos leaders intègres, mais pas toujours suffisamment informés, à disposer en temps réel de la meilleure information sur les questions d'actualités (par l'implication d'une expertise interne éclairée, la mise en place de « majlisul shûra » inclusifs etc.). Nous devrons également développer d'avantage ce que j'appelle la « nouvelle conscience mouride » chez de plus en plus de nos condisciples. Pour les former, les sensibiliser à ces phénomènes et les aider à ne plus tomber dans les pièges des politiques, qui n'hésiteront jamais, pour leurs propres intérêts, à piétiner cyniquement et à dévaloriser nos symboles les plus sacrés.
Il nous faudra donc faire face.
De la même manière que nous avions déjà désavoué, dans le passé, d'autres personnages ayant prétendu usurper l'importante prérogative du Ndigël pour leurs intérêts crypto personnels. En 2012, par exemple, lorsqu'il fallut mettre à terre et sanctionner durement ceux qui prétendirent réélire l'ancien président, à travers les « Ndigël de la discorde » donnés au nom du Saint Serigne Saliou (l'on connaît la suite). En 2000 également, lorsque nous avions humilié d'autres dignitaires affirmant avoir reçu (par rêve) des révélations oniriques (sonnantes et trébuchantes ?) de Serigne Touba pour réélire le président Diouf. Et bien d'autres Tartuffes voulant se sucrer sur le dos du Mouridisme et de la crédulité de certains talibés.
Comment ainsi comprendre qu'aujourd'hui des dignitaires officiels du Mouridisme tiennent le même discours mielleux et lénifiant à l'actuel président (sur ses prétendues réalisations à Touba, qui lui auraient soi-disant assuré « l'Agrément de Serigne Touba » et, sous-entendu, de la prochaine victoire du Oui) que celui qu'ils avaient exactement tenu dans le passé pour assurer l'ancien président Wade que son appartenance au Mouridisme et ses réalisations « inégalées » lui garantiraient les mêmes succès (alors qu'il fut renversé, sans la « bénédiction » supposée de ses anciens souteneurs religieux ayant pourtant largement bénéficié de ses largesses) ? Ou est, dans tout cela, le sens de la fidélité et toutes ces valeurs de dignité incarnées par Cheikh A. Bamba ? Serions-nous finalement, nous les dignitaires religieux, de simples girouettes politiques nous orientant toujours dans le sens du vent de nos intérêts individuels et partisans ?
En listant, auprès du Khalife, les réalisations et projets du président Macky, n'auraient-ils pas du également intégrer dans ce bilan son premier wax-waxeet consistant à son refus de respecter son engagement, pourtant solennel, d'accorder un statut spécial à la ville sainte de Touba dans le cadre de la décentralisation ? Et son entêtement à conserver un garde des sceaux notoirement connu pour être favorable à la cause homosexuelle, les libérations récurrentes de prévenus gays par son appareil judiciaire et la répression sauvage des militants anti-gays de Colobane (malgré sa supposée résistance sur cette question), feraient-ils partie de ce bilan dont Serigne Touba serait censé se « réjouir » ? Son honteux et récent reniement à tenir son engagement de réduire son mandat, fut-il sous de grossiers artifices juridiques, est-il éthiquement moins important que la construction d'égouts ou de routes à Touba ? Les routes de goudron et de latérite seraient-elles finalement plus importantes pour ces religieux que les autoroutes de la morale et de l'honneur menant à la Félicité (Ilâ Touba) léguées par le Cheikh ? Ces dignitaires mourides ne devraient-ils pas plutôt s'interroger sur les véritables causes de l'INTENTION avortée du président de rendre intangible une forme de laïcité qui empêche encore que Cheikh A. Bamba, dont ils prétendent pourtant protéger l'héritage, soit enseigné dans nos écoles et qui, réinterprétée dans l'avenir, à travers des « nouveaux droits » flous, pourrait éventuellement ouvrir la voie à toutes les dérives morales que des bailleurs du PSE souhaiteraient subrepticement inoculer dans notre fabrique sociétale et culturelle ? Un Ndigël, même « voilé », ne devrait-il point intégrer toutes ces valeurs pour lesquelles Serigne Touba s'est battu pendant plus de 33 ans de sa vie, des valeurs qui leur ont accordé le respect dont jouissent leurs auteurs et sans lesquelles la fonction religieuse sera vidée de toute substance.
Pour en venir véritablement au problème de fond de ce référendum pour lequel un Ndigël est si activement sollicité, il conviendrait, surtout pour les acteurs religieux, de réaliser son inanité, au vu des considérations suivantes. Car, contrairement à l'idée que les partisans du régime entendent habilement imposer sur les prétendues « avancées de la nouvelle Constitution », le problème du Sénégal n'est pas fondamentalement un problème de textes. Il ne l'a jamais été. Notre problème n'a jamais été un problème de THÉORIE politique. Le problème le plus grave de notre pays a toujours été un problème de PRATIQUE politique. Il a toujours été celui du comportement ÉTHIQUE de notre classe politique.
Dans ce pays, l'on peut voter les textes les plus extraordinaires et les plus avant-gardistes qui soient. On peut imaginer les dispositions réglementaires, juridiques, économiques, tout ce que l'on veut, les plus révolutionnaires du monde. Mais l'histoire et les récentes expériences ont invariablement montré que les hommes politiques ont toujours su, à chaque fois que leurs intérêts étaient en jeu, contourner ces règles qu'ils avaient eux-mêmes édictées. Ceci, soit à travers les subterfuges ou interprétations juridiques les plus farfelues ou tirées par les cheveux, qui insultent l'intelligence du peuple. Soit par des attitudes déloyales et des forcings évidents contre lesquels les citoyens révoltés n'ont aucun véritable recours. L'appareil d'Etat et ses contrepouvoirs démocratiques (système judiciaire, presse, partis politiques etc.) étant souvent inféodés ou ne jouant pas réellement leur rôle citoyen.
À quoi ont vraiment servi, pour prendre juste quelques exemples, à la nation et aux femmes sénégalaises la loi sur la parité, votée depuis plusieurs années, qui leur fut tant chantée et présentée comme la SOLUTION à tous leurs problèmes ? À part une insignifiante « gynégarchie » de politiciennes et d'activistes féministes, ayant su personnellement profiter de cette disposition législative, quel apport celle-ci a-t-elle générée pour la cultivatrice du Fouladou, les mères qui accouchent encore sur des charrettes au fin fond du Boundou, à la brave vendeuse de poisson ou gerté thiaaf à Kayar ? N'a-t-on pas récemment voté d'autres lois sur l'interdiction du tabac dans les lieux publics ou de la mendicité des enfants ? À quoi ont servi les révolutionnaires dispositions sur la reddition des comptes, à la base de la CREI, lorsqu'il s'est agi, pour l'actuel président, d'incorporer dans son camp politique des personnalités pourtant officiellement ciblées par cette juridiction ? La Constitution du Sénégal, les textes de la CREI, l'ont-ils empêché de sortir, par on ne sait encore quel artifice magique, Ousmane Ngom ou une Awa Ndiaye des griffes de la loi ?
C'est cela le plus grave dans notre pays. La PRATIQUE politique et les INTÉRÊTS partisans prennent absolument le pas sur tout le reste : la souffrance des masses populaires, les valeurs morales, l'intérêt supérieur de la nation, l'usage vertueux de nos maigres deniers publics, l'avenir de nos enfants. Tout. Absolument tout. La nation, la religion, et je ne sais quoi encore. Et c'est cette mauvaise pratique politique qu'est en train d'entériner, malheureusement, les actes et dérives du président de la République : reniements de la parole donnée, encouragement pour la transhumance, manipulations judiciaires etc. À quoi bon nous servira la greffe de 15 nouveaux bouts de textes au corps constitutionnel, si les médecins appelés à prendre soin de ce corps font délibérément fi des « bonnes pratiques » ? Tant que le peuple sénégalais ne réussira pas à se sortir de cette situation qui n'arrange en réalité qu'une infime classe de politiciens et de thuriféraires, au détriment des masses laborieuses, l'on peut voter toutes les constitutions du monde que l'on veut. Ca ne nous avancera pas à grand chose. Et notre pays risquera, encore pour longtemps, de figurer dans le peloton de queue des nations les moins avancées.
Pour moi donc, les choses sont extrêmement claires. La conformité au Ndigël, hérité du « Amr » coranique (ordre émanant de l'autorité), est l'une des valeurs cardinales les plus importantes du Mouridisme. Une valeur à perpétuer et à préserver absolument, car gage d'unité, de force et de progrès organisé. A la seule condition toutefois d'être exercé dans les conditions et limites clairement définies par le Seigneur et rappelées par Serigne Touba. Notamment sur les qualités de son auteur, la pureté de son intention, la nécessité de consultation (shûra) préalable avec toutes les parties concernées etc. Conditions en dehors desquelles, cette valeur, comme toutes les valeurs, peut être dévoyée, utilisée contre son propre système d'origine et finalement desservir celui-ci. Notre force pouvant alors devenir notre faiblesse.
Dans le cas d'espèce, si c'était le Khalife des mourides en personne, Cheikh Sidy Moukhtar (puisse le Seigneur lui accorder une longue vie pour le bien de l'Islam), qui avait lui-même pris l'initiative de se prononcer sans ambages sur la question du référendum, je serais certainement l'un des premiers à me conformer à sa directive. Ceci, quelle que soient mes idées ou penchants personnels. C'aurait été également d'autres dignes représentants de Cheikhoul Khadim, connus pour leur piété, leur clairvoyance et leur intégrité sans faille, mais pas pour leurs accointances douteuses, qui se seraient prononcé sur des questions qui engagent la préservation du précieux patrimoine que nous avons en partage, nous en aurions vivement tenu compte dans nos démarches et positionnements. Car, pour nous mourides, le sens de notre engagement et le pacte d'allégeance que nous avons librement contracté avec Serigne Touba sont supérieurs à toute considération, politique, intellectuelle ou autre. A l'instar du fameux et important principe inculqué à toute nouvelle recrue de l'armée : « Les Ordres (Ndigël) se doivent d'être exécutés sans murmure ni hésitation », notre devise restera pour toujours « Mouride : Ndigël ! ». Et les prétendues « libertés » de la mondialisation et ses antivaleurs, qui remettent en cause tout sens de l'autorité spirituelle, ne sauraient nous égarer ou nous dévier de cette voie qui a jusqu'ici assuré notre unité et notre force. Mais cette valeur, aussi centrale et aussi importante soit-elle, ne saurait être préservée sans un minimum de clairvoyance sur certains processus de récupération actuels et sans le courage de dénoncer ces derniers. Quelqu'en soit le prix. Cela étant la moindre des choses que nous devons à Boroom Touba.
Nous, les disciples de Serigne Touba, ne seront donc jamais les otages d'un quelconque lobby. Nous ne serons jamais non plus des moutons spirituels ou de la chair à canon politique. Notre engagement n'a qu'une seule et unique finalité : SERIGNE TOUBA. Lui que nous considérons comme notre Voie de salut et la Porte royale pour accéder à Dieu et à Son Prophète. Cet engagement, que nous voulons sans faille, valorisera et élèvera tout ce et tous ceux qui valoriseront et élèveront à leur tour cet idéal et nous aideront à l'atteindre. Mais qui saura, à chaque fois, se départir de ce et de tous ceux qui tenteront d'en user pour autre chose en dehors de Dieu et de Son Prophète. Serigne Touba est le Pôle Nord vers lequel la boussole de tout mouride s'oriente au milieu de l'obscurité du Temps et de la tempête du monde.
Cette position, que nous partageons avec de plus en plus de mourides contemporains, jeunes et vieux, instruits et moins instruits, constituera, dans l'avenir, le principal contre-pouvoir et le garde-fou le plus efficace contre ceux qui n'hésiteront jamais à dénaturer notre patrimoine commun. Une posture que nous avons tentée d'expliciter dans notre essai KHIDMA, en ces termes que l'actualité passée et récente semblent de plus en plus confirmer :
« Ce que beaucoup d'auteurs semblent ignorer, et qui a jusqu’ici faussé leurs régulières prédictions sur « la désintégration de la confrérie mouride » (Paul Marty), c’est que la constante de base du Mouridisme n’est point la relation marabout-talibé classique sur laquelle s’est arc-boutée une grande partie de leur recherche. Mais elle s’articule plus, à notre avis (et sans renier son importance), sur la valeur intrinsèque de Cheikh A. Bamba lui-même, sur son extraordinaire charisme et sur la valeur spirituelle et sociale de ses enseignements et de son œuvre. Car, bien que les rapports marabout-disciple aient souvent évolué dans le temps et l’espace, et dussent-ils même se métamorphoser radicalement dans le futur, le Mouridisme, en tant que projet de renaissance de l’Islam, pourrait vraisemblablement revêtir, selon nous, d’autres formes sociales convenant mieux à son objet et à ce contexte. En fait ces auteurs n’ont jusqu’ici pas compris que, dans le Mouridisme et pour les mourides, Serigne Touba est au fond LA SEULE VERITABLE CONSTANTE de leur projet de société pour l’Islam. Et que tout le reste n’est, en définitive, qu’un ensemble de variables assujetties à cette constante unique. Car tout jëwriñ (représentant) ou Objet de Khidma intermédiaire peut bien être remplacé un jour par d’autres jëwriñ, sans que la base du système soit fondamentalement remise en cause… » (« KHIDMA : La Vision Politique de Cheikh A. Bamba (Essai sur les Relations entre les Mourides et le Pouvoir Politique au Sénégal) », Editions Majalis, 2010, p. 352)
Tout ceci pour simplement dire que ce sera à nous les mourides, dignitaires intègres et disciples clairvoyants, de résoudre nous-mêmes ce problème des manipulations et des récupérations internes. Nul autre ne le fera à notre place. Et nous en sommes bien capables. Car ceux qui nous « vendent » actuellement au mieux-disant politique, ne sont ni plus représentatifs, ni plus intelligents, ni plus déterminés que nous. Même s'ils pourront utiliser certaines « armes non conventionnelles » que nos principes nous interdisent d'utiliser. Il faudra désormais être prêt à leur faire face, à ne plus leur laisser si facilement le terrain et à prendre les risques et sacrifices que cette défense de notre patrimoine requiert. Quoi qu'il en coûte.
Et pour réaffirmer notre détermination absolue à ne plus laisser les politiciens, sans foi(e) ni loi, croire qu'ils peuvent acheter des faux Ndigël contre quelques centaines de millions remis à leurs chevaux de Troie, nous aurons bientôt une occasion idéale de le faire. En les envoyant tous ensemble sur les cordes politico-religieuses, lors du référendum de dimanche prochain, et en les assommant avec un NON retentissant qui résonnera encore bien longtemps dans leurs oreilles pétrifiées d'effroi.
Si jamais nous manquons de le faire, alors qu'aucun mouride ne se plaigne dans l'avenir sur d'autres atteintes à nos valeurs que les politiciens et leurs complices enturbannés, enhardis par cette victoire, ne se gêneront pas de commettre encore et encore contre l'héritage de Serigne Touba.
« Mbédioum kanamou Yoonou mouride, mourides yi nioo ko wara fadial seen bopp. »
Tout autre discours n'est que diversion et pure démagogie.
15Mar2016

samedi 19 décembre 2015

VIDÉO > Portrait de Serigne Mouhamadou Falilou MBACKE. Regardez!