Source: http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/11/01003-20130111ARTFIG00629-l-autre-mecque-est-en-afrique.php
mardi 20 septembre 2016
Le 20 septembre 1895: l'épreuve du cachot
Refusant toute compromission de sa foi devant le gouverneur colonial et son conseil privé, après de vaines et infructueuses atteintes à sa vie, Cheikh Ahmadou Bamba (marabou numéro 4) fut conduit de St louis à Dakar pour être exilé loin des siens, afin de l'anéantir moralement, socialement, de juguler son leadership et son influence, d'annihiler l'affluence des populations vers lui... voire de l’anéantir physiquement.
Arrivé à Dakar le vendredi 20 septembre 1895 à jeun, le cargo dénommé Ville de Pernambouc, plus connu sous le nom Cap Lopez, devant assurer son transfèrement au Gabon, étant en retard et le gouverneur Mouttet ordonna son emprisonnement.
Le Cheikh fut incarcéré dans un cachot situé au Camp Dial Diop, derrière l’hôpital Aristide Le Dantec. Un cachot sombre et minuscule parsemé de lames, de saignoirs, de pointes et aiguilles…
Violemment projeté dans le cachot par ses geôliers, le Cheikh fit transpercé le pieds par une lame. Son supplice perdurera deux jours sans nourriture ni boisson et malgré la douleur physique et morale, le cheikh s’est mis aussitôt à réciter la Sourate Bakhara et la Sourate Ali Imran.
Du cachot il reçut la Visitation de Pôles et Saints de l’Isalm, particulièrement celle de sa Sainte mère Sokhna Diarra Bousso qui l’exhorta et l’encensa à persévérer dans sa mission, il y a eu aussi la visitation des anges Gabriel, Michael, Israfil et Asra'Il venus lui proposer d’anéantir les colons. Ce dont le Cheikh répondra par « je les pardonne ».
Le Cheikh dira plus tard que « lorsque je me souvins de ce séjour (dans la cellule) Et des peines que l’Autorité coloniale m’infligea Je me sentis soudain animé par le désir de prendre les armes. Mais le Rédempteur (le Prophète Mouhammad PSL) me l’interdit finalement ».
C’est seulement au 3e jour qu’il fut élargi de cellule et confié au responsable Lébou Ibra Bineta Gueye Mbengue responsable du Pénc de Cëddéem. Sokhna Anna Diakhere Faye épouse de ce dernier préparait les repas et servait de l’eau pour les ablutions du Cheikh.
Sur de la justesse de son combat, certain de sa victoire prochaine, le Cheikh se laissa faire et fut envoyé en exil vers le Gabon plus de 7 ans.
Et le Cheikh d’écrire bien avant son exil dans un Khassaide du nom de Assirou que : « Je cheminais en vérité, lors de ma marche vers l'Exil, en compagnie des Vertueux Gens de Badr alors que mes persécuteurs étaient persuadés que j'étais leur prisonnier… »
"Je marchais en fait vers DIEU en compagnie du Prophète et de ses Excellents Compagnons car ma marche ne saurait point avoir d'autre objet que DIEU LUIMEME."
Jërëfée Serigne Touba.
dimanche 18 septembre 2016
Serigne Touba dit NON
Cheikh Ahmadou Bamba, un homme singulièrement érudit et éminemment pieux qui sa vie durant, n’a eu un autre objectif que celui de propager le message de l’Islam et de répandre l’amour, la sagesse et la solidarité dans le monde.
Un homme infatigable et profondément pacifiste qui a toujours incité ses disciples au retour vers les recommandations divines à travers l’exemple du Prophète bien aimé (sws) dans un travail sanctificateur, pour ainsi dépasser les valeurs matérialistes et vaniteuses de ce monde.
Un homme qui a sacrifié toute son existence au service de Dieu (swt), de son Prophète (sws) et de l’humanité.
Un homme pour qui l’acquisition du titre « Khadimou Rassoul », lui fit passé par d’innombrables épreuves et d'ahurissants supplices.
Un homme dont la vie fut distinguée par 33 années d’isolement, d’emprisonnement et de captivité au nom d’une injustice flagrante et d’un abus de pouvoir incontestable.
Un homme qui a encaissé toutes les atrocités et formes de violences de la part des colonisateurs amoraux et immoraux prêt à tout, pour le mener à sa perte.
Un homme qui par la volonté du l’Unique Souverain (swt) a eu une force étonnante, une détermination extraordinaire, un courage sensationnel et une bravoure qui ne sera plus jamais égalée dans le long et laborieux chemin le menant à la réussite de sa mission et à l’atteinte de son objectif.
Un homme qui par des efforts incommensurables et une persévérance absolue a fondé une communauté unie au Nom d’ALLAH (swt), sous la bénédiction du Prophète (sws) et ayant pour socles : la crainte révérencielle, le culte du travail et la recherche perpétuelle de la connaissance.
Un homme qui par la grâce de Dieu, a fondé la Mouridiyya.
Une voie qui s’inscrit dans le suivi scrupuleux des recommandations du tout Puissant (swt) et de l’éloignement absolu de ses interdits et dans laquelle, l’être humain se purifie et accède aux outils essentiels de la quête de connaissances et de sagesses.
Une voie qui fut fondé dans un contexte de dénégation totale des valeurs islamiques pures et vertueuses et dont les premières prémices ont vu le jour à la suite de cette parole de Cheikh Ahmadou Bamba déclinant catégoriquement et publiquement l’offre qui lui à été faite pour prendre la succession de son père en tant que conseil du roi : « Je n’ai pas l’habitude de fréquenter les monarques. Je ne nourris aucune ambition à l’égard de leurs richesses et ne recherche des honneurs qu’auprès du SEIGNEUR SUPREME (...) J’aurais honte que les Anges me voient aller vers un autre roi que DIEU ».
Parole à la suite de la quelle, il composa une ode tranchante (Khaalo Liyarkani) pour ainsi démontrer le sens profond de son détachement absolu aux objets mondains et de sa préférence distinguée aux faveurs et grâces spirituelles de son Seigneur.
« DIEU me suffit, ai-je répondu, et je me contente de LUI et rien ne me satisfait si ce n’est la Religion et la Science. Je ne crains que mon ROI et n’espère qu’en LUI car c’est LUI, le MAJESTUEUX, qui m’enrichit et me sauve. Comment disposerais-je mes affaires entre les mains de ceux-là qui ne sont même pas capables de gérer leurs propres affaires à l’instar des plus démunis ?
Et comment la convoitise des richesses m’inciterait-elle à fréquenter ceux dont les palais sont les jardins de Satan ? Au contraire, si je suis attristé ou éprouve un quelconque besoin, je n’invoque que le Propriétaire du Trône. Car IL Demeure l’Assistant, le Détenteur de la Puissance Infinie qui crée comme IL veut tout ce qu’IL veut.
S’IL veut hâter une affaire, celle-ci arrivera prestement mais s’IL veut l’ajourner, elle s’attardera un moment. O toi qui blâmes ! N’exagère pas dans ton dénigrement et cesse de me blâmer ! Car mon abandon des futilités de cette vie ne m’attriste point... Si mon seul défaut est ma renonciation aux biens des rois, c’est là un précieux défaut dont je ne rougis point ! »
Un comportement qui lui a prévalu d’un nombre limité d’affiliés parmi les véridiques, frappés par sa pureté, sa crainte révérencielle et son audace alors que la majorité de ses contemporains et parents conçurent dès lors, une forte défiance à son endroit. L’incompréhension et la marginalisation dont il fut victime lui valut en ce temps nombre de vexations, d’offenses et de brimades auxquelles il avait choisi de répondre par la patience et la bienveillance.
Obéissant à l’Ordre Divin le prescrivant de proclamer les avantages lui provenant de DIEU (swt), il invita ceux de ses contemporains aspirant à s’engager à ses cotés.
Les principes fondamentaux de la Mouridiyya que sont l’éducation par le verbe en incitant par la Sagesse (Hikam), l’avertissement (Intizar) vers l’ascèse et la perfection spirituelle et le prêche par l’exemple de la stricte observance des prescriptions divines, de l’abandon absolu de Ses proscriptions, de l’évocation du Nom de DIEU (Dhikr) et la détermination dans le service (Khidmah) rendu aux créatures pour la FACE de leur Créateur furent ainsi conçus.
Un voie d’élévation spirituelle et dépourvue de tout rattachement matérialiste et mondain qui n’a pas tardée à s’étendre du fait de ses vertus charismatiques et des lumières dont irradiaient ses aspirants.
Une voie qui a chaleureusement été bercé par la lumière de Serigne Darou Assane Ndiaye, l’authenticité de Serigne Adama Gueye, la persévérance de Cheikh Ibrahima Sarr Ndiagne, l’abnégation de Serigne Massamba Diop Saam, la pureté de Serigne Ndame Abdou Rahmane Lo, le dévouement de Mame Cheikh Ibrahima Fall et l’ardeur de tant d’autres élites et émérites hommes de Dieu (swt).
Depuis, cette « Mouridiyya » fondée pour la seule face de Dieu (swt) et représentative de toutes les valeurs et vertus incarnées et symbolisées par Cheikh Ahmadou Bamba évolue et progresse à travers le temps et ses mutations, les époques et leurs progressions et les hommes et leurs évolutions. Mais malgré ces variations environnementales, contextuelles et intergénérationnelles, elle s’est toujours illustrée par une constance formelle de ses valeurs et attributs fondamentaux.
Cependant, cette fidélité et loyauté aux fondements et assises de la voie tracée par Cheikh Ahmadou Bamba qui ne sont rien autre que le Coran et la Sunna se voient de plus en plus allégées par des actes et comportements qui ne correspondent en aucun cas à l’esprit dans lequel s’est bâtit la Mouridiyya.
Et Cheikh Ahmadou Bamba, dans tout ce qu’il est, est absolument et catégoriquement contre ces dérives et nigauderies qui ne le matérialisent pas et ne matérialisent aucunement son idéologie et sa conviction.
Ainsi, il dit NON.
Il dit NON aux machinations et fausses interprétations de ses paroles à des fins personnelles et individuelles.
Il dit NON à l’utilisation de sa sainte et auguste voie pour conspirer et manigancer des « fausses vérités » et des « mensonges véridiques » afin de tromper, trahir et leurrer.
Il dit NON à exploitation de sa communauté dans l’unique but d'amplifier des allures égoïstes et optimiser des esprits vicieux.
Il dit NON à l’extirpation de son idéologie vers des rivages sataniques souillées et impures.
Il dit NON à l’assimilation de son patrimoine à des « journées bokaalé » et des « soirées dansantes ».
Il dit NON à la multiplication titanesque et corruptrice qui est faite de sa personne unique et sans égal par des personnages qui sont indignes du titre de son talibé le plus infime.
Il dit NON au phénomène grotesque et saugrenu de « Cheikhalisation » qui se veut de convertir en guides, des corrompus, malfaiteurs et canailles absolues.
Il dit NON à l’intronisation et aux couronnements de femmes souillées, malsaines et représentatives de tout ce qu’exclut l’Islam et la Mouridiyya aux titres de ce que certains appellent « Cheikh », d’autres « Cheikhettes » et moi, « Satanettes ».
Il dit NON à touts les objets et personnages qui se verront à travers les lignes ci-dessus dans tout ce vous faites, et tout ce que vous êtes, parce que vous n’êtes pas lui.
Mai Mbacké Djamil
Non aux "Cheikhettes"! (par Mouhamadou Manel Fall, Petit-fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall)
Quand la vérité est remplacée par le silence, le silence devient dès lors un Mensonge et là il est temps de sonner l'alarme car le spectacle des cheikhettes en cheveux naturels dépourvus de voiles et de pudeur assises sous une tente recevant des Âmes pour les mener vers le salut de Serigne Touba est exaspérant. A un moment de la vie il va falloir s'arrêter et cesser d'abuser de notre courtoisie et de notre bienséance; nous partageons avec vous certes Serigne Saliou mais cela ne vous donne aucune caution morale pour torpiller si effrontément nos valeurs et nos legs. Qu'en est il de l'orthodoxie et de la conformité mouride qui nous a valu ce rayonnement ô combien important? Pourquoi chaque jour poser des actes qui ne servent à rien du tout sinon à désacraliser le travail d'un Soldat de Dieu qui a bravé toutes sortes de turpitudes et d' abjection pour que nous ses Disciples devenons des modèles de musulmans? A quoi bon même de réinventer la roue vue que ça roule tellement bien?
Il faut savoir que la faute la plus grave ce n'est pas seulement de tenter de détruire notre héritage et notre devenir spirituel mais c'est cette exhibition sans scrupule et sans embarras que le Mouridisme montre aux yeux du monde par votre biais!
Ayez un peu de retenue quand même! Même le Coran nous avertit du danger de ces innovations en des termes clairs "Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident." Les Coalisés Sourate 36
Serigne Touba reconnaîtra les siens
Par devoir de Verité et de sauvegarde de notre Patrimoine.
Mouhamadou Manel Fall
Petit-fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall
Il faut savoir que la faute la plus grave ce n'est pas seulement de tenter de détruire notre héritage et notre devenir spirituel mais c'est cette exhibition sans scrupule et sans embarras que le Mouridisme montre aux yeux du monde par votre biais!
Ayez un peu de retenue quand même! Même le Coran nous avertit du danger de ces innovations en des termes clairs "Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident." Les Coalisés Sourate 36
Serigne Touba reconnaîtra les siens
Par devoir de Verité et de sauvegarde de notre Patrimoine.
Mouhamadou Manel Fall
Petit-fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall
Il y a 121 ans, les trois nuits dakaroises de Serigne Touba sur la route de l’exil
Les nuits dakaroises de Serigne Touba ont scellé définitivement le pacte d’amitié entre la collectivité Léboue et la communauté Mouride mais aussi Dakar et Touba, en la personne d’Ibra Bineta Gueye Mbengue.
Pacte que Cheikh Salihou Mbacké a vivifié à l’occasion d’une invitation à Touba qu’il fit aux notables de Ceddéem” au tout début de son Khilafa. La délégation de Ceddém était dirigée par le chef de Penc d’alors Mamadou Mbengue Médoune.
Au paravent, le khalife avait dépêché une délégation à Dakar pour rencontrer la famille d’Ibra Bineta Guèye. A l’occasion de cette visite mémorable, le 5e khalife a offert au Penc un terrain de 1500 m2 à Touba. Ce sont ces nuits dakaroises que célèbre la fédération de Dahira dénommée “Kureel Giy Maggal Netti guuddi Ndakaru yi ” présidées par le pieux talibé mouride Baye Ndiouga Dieng les 18, 19 et 20 septembre.
samedi 17 septembre 2016
Les Khassidas en MP3
| Jang kat | fichiers |
|---|---|
| Serigne Abdou DIOUF | Entrez |
| Serigne Abdou Khadre DIAGNE | Entrez |
| Serigne Abdou Khadre GASSAMA | Entrez |
| Serigne Abdoul Ahad TOURE | Entrez |
| Serigne Ablaye NIANG | Entrez |
| Serigne Alioune FALL | Entrez |
| Serigne Alioune NDIAYE | Entrez |
| Serigne Bassirou NIASS | Entrez |
| Serigne Bassirou SENE | Entrez |
| Serigne Bole MBAYE | Entrez |
| Serigne Cheikh GUEYE Mayib | Entrez |
| Serigne Cheikh LO | Entrez |
| Serigne DIOKHANE | Entrez |
| Serigne DRAME | Entrez |
| Serigne El Hadji CISSE | Entrez |
| Serigne GADIAGA | Entrez |
| Serigne Ibra GUEYE | Entrez |
| Serigne Khadim KEINDE | Entrez |
| Serigne Khadim THIAM | Entrez |
| Serigne Madieye DIOP | Entrez |
| Serigne Massila NIANG | Entrez |
| Serigne Mayib GUEYE | Entrez |
| Serigne Mbacke DIAKHATE | Entrez |
| Serigne Mbaye DIOP | Entrez |
| Serigne Mbaye NIANG | Entrez |
| Serigne Modou MBAYE | Entrez |
| Serigne Mor TOURE | Entrez |
| Serigne Mouhamadou Lamine GUEYE | Entrez |
| Serigne Mountakha GUEYE | Entrez |
| Serigne Moustapha DIOP | Entrez |
| Serigne Moustapha KEBE | Entrez |
| Serigne Moustapha SY | Entrez |
| Serigne Moustpha GNINGUE | Entrez |
| Serigne Ndongo THIAM | Entrez |
| Serigne Oumar DIOUF | Entrez |
| Serigne Saliou THIAM | Entrez |
| Serigne Thierno DIENG | Entrez |
| Serigne WADE | Entrez |
| Wa Darou Moukhty | Entrez |
| Wakeur Baye Lahad | Entrez |
| Wakeur Serigne Massamba | Entrez |
mercredi 14 septembre 2016
LE LIEN DE PARENTE ENTRE SERIGNE TOUBA ET EL HADJI MALICK SY
Les liens de parenté très étroits entre les guides spirituels du mouridisme et de la tidjaniya dans notre pays sont connus. Mais rares sont ceux qui savent qu'ils sont tous des descendants de Mame Maharame Mbacké, arrière grand-père du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba et du deuxième Khalife général des Tidjanes El Hadj Malick Sy. Sans compter que Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh porte le sang de Mame Maharame Mbacké, tant du côté maternel que paternel.
Il y a deux ans, Serigne Maodo Sy se rendait chez le Khalife général des mourides, Serigne Moctar Sidy Mbacké, en vue de raffermir les liens entre les communautés mouride et tidjane, avec la bénédiction du Khalife général des tidjanes, feu Mansour Sy. Il disait marcher sur les traces du vénéré Serigne Abdoul Aziz Sy, qui s'était évertué toute sa vie durant à chasser les démons de la division. Cette démarche noble des guides religieux des confréries tidjane et mouride semble s'inscrire, aux yeux de quelques observateurs avertis, dans le cours normal des choses. Et pour cause, ils sont tous des petits-fils du même homme, le vénéré Mame Maharame Mbacké. Ses trois fils ont enfanté les guides des deux confréries religieuses les plus importantes du pays. Tandis que sa fille est l'arrière grand-mère de Serigne Hady Touré, guide spirituel de renom, chantre du prophète Mohamed (PSL) et de son maître Cheikh Ahmed Tidjani. Selon les écrits, le vénéré Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh a fait ses humanités auprès du saint-homme qui a su perpétuer l'héritage spirituel de Maodo Malick Sy.
Sokhna Mame Diarra Bousso et Mame Mor Anta Sali Mbacké, issus de la même branche
En effet, l'un des fils de Mame Maharame Mbacké, Mame Balla Aïcha Mbacké est le père de Mame Mor Anta Sali Mbacké, qui est le père du fondateur du mouridisme, Serigne Touba. Il faut souligner aussi que la vénérée Sokhna Diarra Bousso est une descendante de cette lignée. Quoique ayant des origines chérifiennes, la sainte femme est la fille de Sokhna Asta Walo Mbacké, descendante de Mame Maharame Mbacké.
Mame Maharame Mbacké, présenté comme un érudit, a su inscrire son nom dans la postérité de par une descendance de vertu, avec à la base une solide éducation coranique et une profonde maîtrise du soufisme. La ville religieuse de Tivaouane, capitale de la tidjaniya dans notre pays, lui doit aussi une fière chandelle. Le vénéré Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh est le descendant de ses deux autres fils : Thierno Farimata Mbacké et Ahmad Farimata Mbacké. Thierno Farimata Mbacké est le père de Mame Khary Mbacké, mère de Ngagne Niang, père de Safiatou Niang, qui est la maman de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, né de son union avec El Hadj Malick Sy qui a grandement contribué à la propagation de la confrérie tidjane.
De l'autre côté, l'ascendant direct d'Abdoul Aziz Sy Dabakh est le fils de Mame Fawad Wélé et de Ousmane Sy, lequel est le fils de Demba Bouna Sy et de Maty Mbacké. Celle-ci qui est présentée comme un modèle de piété est la fille d'Ahmad Farimata, fils de Mame Maharame Mbacké.
Marabout et éminent juriste
Mame Maharame Mbacké, qui a ainsi laissé des empreintes indélébiles dans l'histoire de la vie religieuse du pays, ne semble pas très connu des générations actuelles. Mais une partie de sa vie a été immortalisée par quelques écrits. Dans un ouvrage pointu intitulé “Touba, la capitale des mourides”, fruit de longues recherches scientifiques menées avec la collaboration de l'Ird Paris et Dakar, d'Enda et de Khartala (Paris), l'auteur Cheikh Guèye lève un coin de voile sur cet homme multidimensionnel. Un homme d'exception !
Né en 1703, Mame Maharame Mbacké, qui a vécu 99 ans, a su marquer à sa manière le 18ème siècle. Il a fait évolué sa descendance dans un environnement marqué par la piété et l'adoration divine. Il a su leur inculquer un savoir islamique. Le saint homme s'est aussi fait distinguer par sa finesse d'esprit et sa sagesse hors pair. Cheikh Guèye, dans son ouvrage “Touba la capitale des mourides”, lui attribue la paternité de Mbacké, la ville mère de la confrérie mouride. Et d'ajouter que “c'est en 1770 que Mame Maharame Mbacké, arrière grand-père de Cheikh Ahmadou Bamba, arrive au Cayor en provenance du Djolof. Éminent jurisconsulte, spécialisé dans les affaires de succession, attaché à plusieurs cours (Cayor, Baol, Saloum), il jouissait d'un prestige certain.
Dans le contexte du 18ème siècle finissant, les figures religieuses qui ont émergé dans le pays wolof avaient surtout acquis leur pouvoir par la guerre, occasionnant des rivalités internes. Ainsi, la tradition orale décrit Mame Maharame Mbacké comme “un fin lettré musulman, brillant surtout par son indépendance d'esprit”. L'auteur ajoute : “mais son succès est sans doute également lié à la sensibilité islamique de certains souverains de l'époque qui favorisaient déjà, depuis plusieurs années, les marabouts attachés à leurs cours. C'est sans conteste le prestige et l'utilité de Mame Maharame Mbacké qui ont poussé le Damel Amari Ngoné à lui accorder une concession foncière.”
Honoré par le Damel Amari Ngoné
En effet, selon l'ouvrage, en 1795, après l'assassinat de Serigne Malamine Sarr, un collègue, c'est Mame Maharame Mbacké qui a réussi à convaincre le Damel de libérer les marabouts qui avaient décidé de venger leur collègue. Il a été par la suite honoré par le Damel, pour son acte de bravoure. “Il lui a offert la concession où Mbacké a été construit. Elle était un vaste espace. La région était surtout constituée de pâturages occupés de manière diffuse par les éleveurs peulhs transhumants. Quand la famille de Mame Maharame Mbacké s'installe, une école est ouverte et une exploitation agricole initiée. L'école tenue par la famille et d'autres disciples de Mame Maharame prospère assez vite et devient un village, en peu de temps, doublé de l'exploitation agricole du marabout.
Progressivement Mbacké s'affirme dans le réseau. C'est en 1802 que Mame Maharame Mbacké meurt, son successeur, Mame Balla, grand-père de Cheikh Ahmadou Bamba augmente le prestige de l'école, en y faisant venir des maîtres réputés et accueillent des étudiants de divers horizons”.
Mame Maharame Mbacké a offert aux musulmans une descendance de valeur qui a su décliner un itinéraire spirituel qui mène à la Vérité...
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