vendredi 23 septembre 2016

LES ILLUSIONS DE LA GRANDEUR

Propos de Cheikh A. Ahad Mbacké, troisième Khalife des mourides, sur les illusions de la notabilité et d'un haut rang social ou religieux (en wolof et français) :
« Ak loo bari bari daraja, boo doon dem Aras aka dellusi, te nàttable wu ñu ne lu wóor la yitam, fii rekk la ñu lay neg. Ngir xam ne Aras kenn dëkku fa, di nga dellusi. Te boo dellusee fii de, ak koo mëna doon, boo defee lu bon ñu wax ko, boo fenee ñu weddi ko.
Yàlla na ñu Yàlla saxal cig njub te saxal ñu ci ag wer. Te ñu yëg ne ku bëgga mucc, da ngay nekk cig njub. Ku bëgg lu baax, da ngay nekk ci lu wer. Na ñu góor-góorlu ci ag njub ; mooy sunu ndimbal. Na ñu góor-góorlu ci lu wer ; mooy sunu sag.»
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« Sache que, quels que soient ton rang et ton degré spirituel, [tu ne seras jugé que sur tes actes]. Car, même s'il était avéré, sans aucune sorte de doute, que tu passais toutes les nuits près de la Station Divine. Nous autres simples mortels attendrons patiemment que tu reviennes sur terre, assurés que nul ne peut résider éternellement là-haut. Et si jamais tu reviens sur terre parmi nous, nous n'hésiterons point, quel que soit ton rang, à dénoncer tes dérives ou tes mensonges.
Puisse le Seigneur nous raffermir dans la droiture et dans l’orthodoxie. Sachez que quiconque aspire au salut [ici-bas et dans l’Au-delà] se doit de persévérer dans la droiture. Et quiconque veut obtenir le bien, se doit de persister dans l’orthodoxie et la transparence. Persévérons donc dans le Droit Chemin ; car c’est notre seul gage de bénéficier de l’Assistance de Dieu. Persévérons également dans les actes orthodoxes et transparents ; c’est notre seule garantie d’honorabilité. »
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Vers de Serigne Mbaye Diakhaté, grand poète wolof, sur les illusions de la richesse, de la célébrité ou même de la piété :
« Ndegam da ngaa jëfa jëf yaw mii ba naw li nga jëf
Saytaane jëf na lu kenn dul jëf te mujj na bew
Xam-xam bu rëy, ak alal, ak jaamu Yàlla gu rëy
Ak jagle, ak siiwu tur, yii yepp taxtila raw
Te donte ay kooma kiy mbooloo da fay taxa gën
Xaroona gën ñepp ak Firhawna yewwule ndaw
Xaarona alku na ak koomam mu rëy ma mu yor
Firhawna alku na ak mbooloo mu rëy ma ko ëw »
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Interprétation :
« Si jamais tu t'enorgueillis de la grandeur de tes œuvres, souviens-toi que Satan a œuvré plus que quiconque et finit pourtant dans la disgrâce
Sache donc que ni ta vaste érudition, ni ta prodigieuse richesse ou ta célébrité ne pourront, à elles seules, te sauver
Et que ni tes talents, ni tes compétences ou même tes nombreux actes cultuels ne constituent des garanties suffisantes
S'il était vrai que la richesse était gage d'éminence, le richissime Harûn serait assurément le plus éminent des hommes
S'il était vrai que le nombre de sujets et d'admirateurs était un signe de supériorité, Pharaon serait certainement supérieur à tous
Alors que Harûn, du fait de son orgueil démesuré, fut englouti sous terre, en même temps que son immense fortune
De même, Pharaon, du fait de son insolence, finit par périr, sombrant dans les eaux, entouré de ses nombreux sujets... »

mardi 20 septembre 2016

Touba: L'autre Mecque est en Afrique

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/11/01003-20130111ARTFIG00629-l-autre-mecque-est-en-afrique.php

Le 20 septembre 1895: l'épreuve du cachot


Refusant toute compromission de sa foi devant le gouverneur colonial et son conseil privé, après de vaines et infructueuses atteintes à sa vie, Cheikh Ahmadou Bamba (marabou numéro 4) fut conduit de St louis à Dakar pour être exilé loin des siens, afin de l'anéantir moralement, socialement, de juguler son leadership et son influence, d'annihiler l'affluence des populations vers lui... voire de l’anéantir physiquement.

Arrivé à Dakar le vendredi 20 septembre 1895 à jeun, le cargo dénommé Ville de Pernambouc, plus connu sous le nom Cap Lopez, devant assurer son transfèrement au Gabon, étant en retard et le gouverneur Mouttet ordonna son emprisonnement.

Le Cheikh fut incarcéré dans un cachot situé au Camp Dial Diop, derrière l’hôpital Aristide Le Dantec. Un cachot sombre et minuscule parsemé de lames, de saignoirs, de pointes et aiguilles…
Violemment projeté dans le cachot par ses geôliers, le Cheikh fit transpercé le pieds par une lame. Son supplice perdurera deux jours sans nourriture ni boisson et malgré la douleur physique et morale, le cheikh s’est mis aussitôt à réciter la Sourate Bakhara et la Sourate Ali Imran.

Du cachot il reçut la Visitation de Pôles et Saints de l’Isalm, particulièrement celle de sa Sainte mère Sokhna Diarra Bousso qui l’exhorta et l’encensa à persévérer dans sa mission, il y a eu aussi la visitation des anges Gabriel, Michael, Israfil et Asra'Il venus lui proposer d’anéantir les colons. Ce dont le Cheikh répondra par « je les pardonne ».

Le Cheikh dira plus tard que « lorsque je me souvins de ce séjour (dans la cellule) Et des peines que l’Autorité coloniale m’infligea Je me sentis soudain animé par le désir de prendre les armes. Mais le Rédempteur (le Prophète Mouhammad PSL) me l’interdit finalement ».

C’est seulement au 3e jour qu’il fut élargi de cellule et confié au responsable Lébou Ibra Bineta Gueye Mbengue responsable du Pénc de Cëddéem. Sokhna Anna Diakhere Faye épouse de ce dernier préparait les repas et servait de l’eau pour les ablutions du Cheikh.

Sur de la justesse de son combat, certain de sa victoire prochaine, le Cheikh se laissa faire et fut envoyé en exil vers le Gabon plus de 7 ans.

Et le Cheikh d’écrire bien avant son exil dans un Khassaide du nom de Assirou que : « Je cheminais en vérité, lors de ma marche vers l'Exil, en compagnie des Vertueux Gens de Badr alors que mes persécuteurs étaient persuadés que j'étais leur prisonnier… »
"Je marchais en fait vers DIEU en compagnie du Prophète et de ses Excellents Compagnons car ma marche ne saurait point avoir d'autre objet que DIEU LUIMEME."

Jërëfée Serigne Touba.

dimanche 18 septembre 2016

Serigne Touba dit NON

Cheikh Ahmadou Bamba, un homme singulièrement érudit et éminemment pieux qui sa vie durant, n’a eu un autre objectif que celui de propager le message de l’Islam et de répandre l’amour, la sagesse et la solidarité dans le monde.
Un homme infatigable et profondément pacifiste qui a toujours incité ses disciples au retour vers les recommandations divines à travers l’exemple du Prophète bien aimé (sws) dans un travail sanctificateur, pour ainsi dépasser les valeurs matérialistes et vaniteuses de ce monde.
Un homme qui a sacrifié toute son existence au service de Dieu (swt), de son Prophète (sws) et de l’humanité.
Un homme pour qui l’acquisition du titre « Khadimou Rassoul », lui fit passé par d’innombrables épreuves et d'ahurissants supplices.
Un homme dont la vie fut distinguée par 33 années d’isolement, d’emprisonnement et de captivité au nom d’une injustice flagrante et d’un abus de pouvoir incontestable.
Un homme qui a encaissé toutes les atrocités et formes de violences de la part des colonisateurs amoraux et immoraux prêt à tout, pour le mener à sa perte.
Un homme qui par la volonté du l’Unique Souverain (swt) a eu une force étonnante, une détermination extraordinaire, un courage sensationnel et une bravoure qui ne sera plus jamais égalée dans le long et laborieux chemin le menant à la réussite de sa mission et à l’atteinte de son objectif.
Un homme qui par des efforts incommensurables et une persévérance absolue a fondé une communauté unie au Nom d’ALLAH (swt), sous la bénédiction du Prophète (sws) et ayant pour socles : la crainte révérencielle, le culte du travail et la recherche perpétuelle de la connaissance.
Un homme qui par la grâce de Dieu, a fondé la Mouridiyya.
Une voie qui s’inscrit dans le suivi scrupuleux des recommandations du tout Puissant (swt) et de l’éloignement absolu de ses interdits et dans laquelle, l’être humain se purifie et accède aux outils essentiels de la quête de connaissances et de sagesses.
Une voie qui fut fondé dans un contexte de dénégation totale des valeurs islamiques pures et vertueuses et dont les premières prémices ont vu le jour à la suite de cette parole de Cheikh Ahmadou Bamba déclinant catégoriquement et publiquement l’offre qui lui à été faite pour prendre la succession de son père en tant que conseil du roi : « Je n’ai pas l’habitude de fréquenter les monarques. Je ne nourris aucune ambition à l’égard de leurs richesses et ne recherche des honneurs qu’auprès du SEIGNEUR SUPREME (...) J’aurais honte que les Anges me voient aller vers un autre roi que DIEU ».
Parole à la suite de la quelle, il composa une ode tranchante (Khaalo Liyarkani) pour ainsi démontrer le sens profond de son détachement absolu aux objets mondains et de sa préférence distinguée aux faveurs et grâces spirituelles de son Seigneur.
« DIEU me suffit, ai-je répondu, et je me contente de LUI et rien ne me satisfait si ce n’est la Religion et la Science. Je ne crains que mon ROI et n’espère qu’en LUI car c’est LUI, le MAJESTUEUX, qui m’enrichit et me sauve. Comment disposerais-je mes affaires entre les mains de ceux-là qui ne sont même pas capables de gérer leurs propres affaires à l’instar des plus démunis ?
Et comment la convoitise des richesses m’inciterait-elle à fréquenter ceux dont les palais sont les jardins de Satan ? Au contraire, si je suis attristé ou éprouve un quelconque besoin, je n’invoque que le Propriétaire du Trône. Car IL Demeure l’Assistant, le Détenteur de la Puissance Infinie qui crée comme IL veut tout ce qu’IL veut.
S’IL veut hâter une affaire, celle-ci arrivera prestement mais s’IL veut l’ajourner, elle s’attardera un moment. O toi qui blâmes ! N’exagère pas dans ton dénigrement et cesse de me blâmer ! Car mon abandon des futilités de cette vie ne m’attriste point... Si mon seul défaut est ma renonciation aux biens des rois, c’est là un précieux défaut dont je ne rougis point ! »
 Un comportement qui lui a prévalu d’un nombre limité d’affiliés parmi les véridiques, frappés par sa pureté, sa crainte révérencielle et son audace alors que la majorité de ses contemporains et parents conçurent dès lors, une forte défiance à son endroit. L’incompréhension et la marginalisation dont il fut victime lui valut en ce temps nombre de vexations, d’offenses et de brimades auxquelles il avait choisi de répondre par la patience et la bienveillance.
Obéissant à l’Ordre Divin le prescrivant de proclamer les avantages lui provenant de DIEU (swt), il invita ceux de ses contemporains aspirant à s’engager à ses cotés.
Les principes fondamentaux de la Mouridiyya que sont l’éducation par le verbe en incitant par la Sagesse (Hikam), l’avertissement (Intizar) vers l’ascèse et la perfection spirituelle et le prêche par l’exemple de la stricte observance des prescriptions divines, de l’abandon absolu de Ses proscriptions, de l’évocation du Nom de DIEU (Dhikr) et la détermination dans le service (Khidmah) rendu aux créatures pour la FACE de leur Créateur furent ainsi conçus.
Un voie d’élévation spirituelle et dépourvue de tout rattachement matérialiste et mondain qui n’a pas tardée à s’étendre du fait de ses vertus charismatiques et des lumières dont irradiaient ses aspirants.
Une voie qui a chaleureusement été bercé par la lumière de Serigne Darou Assane Ndiaye, l’authenticité de Serigne Adama Gueye, la persévérance de Cheikh Ibrahima Sarr Ndiagne, l’abnégation de Serigne Massamba Diop Saam, la pureté de Serigne Ndame Abdou Rahmane Lo, le dévouement de Mame Cheikh Ibrahima Fall et l’ardeur de tant d’autres élites et émérites hommes de Dieu (swt).
Depuis, cette « Mouridiyya » fondée pour la seule face de Dieu (swt) et représentative de toutes les valeurs et vertus incarnées et symbolisées par Cheikh Ahmadou Bamba évolue et progresse à travers le temps et ses mutations, les époques et leurs progressions et les hommes et leurs évolutions. Mais malgré ces variations environnementales, contextuelles et intergénérationnelles, elle s’est toujours illustrée par une constance formelle de ses valeurs et attributs fondamentaux.
Cependant, cette fidélité et loyauté aux fondements et assises de la voie tracée par Cheikh Ahmadou Bamba qui ne sont rien autre que le Coran et la Sunna se voient de plus en plus allégées par des actes et comportements qui ne correspondent en aucun cas à l’esprit dans lequel s’est bâtit la Mouridiyya.
Et Cheikh Ahmadou Bamba, dans tout ce qu’il est, est absolument et catégoriquement contre ces dérives et nigauderies qui ne le matérialisent pas et ne matérialisent aucunement son idéologie et sa conviction.
 Ainsi, il dit NON.
Il dit NON aux machinations et fausses interprétations de ses paroles à des fins personnelles et individuelles.
Il dit NON à l’utilisation de sa sainte et auguste voie pour conspirer et manigancer des « fausses vérités » et des « mensonges véridiques » afin de tromper, trahir et leurrer.
Il dit NON à exploitation de sa communauté dans l’unique but d'amplifier des allures égoïstes et optimiser des esprits vicieux.
Il dit NON à l’extirpation de son idéologie vers des rivages sataniques souillées et impures.
Il dit NON à l’assimilation de son patrimoine à des « journées bokaalé » et des « soirées dansantes ».
Il dit NON à la multiplication titanesque et corruptrice qui est faite de sa personne unique et sans égal par des personnages qui sont indignes du titre de son talibé le plus infime.
Il dit NON au phénomène grotesque et saugrenu de « Cheikhalisation » qui se veut de convertir en guides, des corrompus, malfaiteurs et canailles absolues.
Il dit NON à l’intronisation et aux couronnements de femmes souillées, malsaines et représentatives de tout ce qu’exclut l’Islam et la Mouridiyya aux titres de ce que certains appellent « Cheikh », d’autres « Cheikhettes » et moi, « Satanettes ».
Il dit NON à touts les objets et personnages qui se verront à travers les lignes ci-dessus dans tout ce vous faites, et tout ce que vous êtes, parce que vous n’êtes pas lui. 
Mai Mbacké Djamil

Non aux "Cheikhettes"! (par Mouhamadou Manel Fall, Petit-fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall)

Quand la vérité est remplacée par le silence, le silence devient dès lors un Mensonge et là il est temps de sonner l'alarme car le spectacle des cheikhettes en cheveux naturels dépourvus de voiles et de pudeur assises sous une tente recevant des Âmes pour les mener vers le salut de Serigne Touba est exaspérant. A un moment de la vie il va falloir s'arrêter et cesser d'abuser de notre courtoisie et de notre bienséance; nous partageons avec vous certes Serigne Saliou mais cela ne vous donne aucune caution morale pour torpiller si effrontément nos valeurs et nos legs. Qu'en est il de l'orthodoxie et de la conformité mouride qui nous a valu ce rayonnement ô combien important? Pourquoi chaque jour poser des actes qui ne servent à rien du tout sinon à désacraliser le travail d'un Soldat de Dieu qui a bravé toutes sortes de turpitudes et d' abjection pour que nous ses Disciples devenons des modèles de musulmans? A quoi bon même de réinventer la roue vue que ça roule tellement bien? 

Il faut savoir que la faute la plus grave ce n'est pas seulement de tenter de détruire notre héritage et notre devenir spirituel mais c'est cette exhibition sans scrupule et sans embarras que le Mouridisme montre aux yeux du monde par votre biais!  

Ayez un peu de retenue quand même! Même le Coran nous avertit du danger de ces innovations en des termes clairs "Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident." Les Coalisés Sourate 36 

Serigne Touba reconnaîtra les siens 

Par devoir de Verité et de sauvegarde de notre Patrimoine. 

Mouhamadou Manel Fall 
Petit-fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall

Il y a 121 ans, les trois nuits dakaroises de Serigne Touba sur la route de l’exil

Les nuits dakaroises de Serigne Touba ont scellé définitivement le pacte d’amitié entre la collectivité Léboue et la communauté Mouride mais aussi Dakar et Touba, en la personne d’Ibra Bineta Gueye Mbengue. 

Pacte que Cheikh Salihou Mbacké a vivifié à l’occasion d’une invitation à Touba qu’il fit aux notables de Ceddéem” au tout début de son Khilafa. La délégation de Ceddém était dirigée par le chef de Penc d’alors Mamadou Mbengue Médoune.

Au paravent, le khalife avait dépêché une délégation à Dakar pour rencontrer la famille d’Ibra Bineta Guèye. A l’occasion de cette visite mémorable, le 5e khalife a offert au Penc un terrain de 1500 m2 à Touba. Ce sont ces nuits dakaroises que célèbre la fédération de Dahira dénommée “Kureel Giy Maggal Netti guuddi Ndakaru yi ” présidées par le pieux talibé mouride Baye Ndiouga Dieng les 18, 19 et 20 septembre.